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Designer Pierre Guarriche

Pierre Guariche

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Pierre Guariche est un apôtre de l’industrie. Il pense ses modèles de la façon la plus rationnelle et économique possible, telle la chaise Tonneau ou encore la chaise garnie ‘4 faces’, dessinée pour Minvielle et construite par Steiner, dont la conception évite le recours à la couture manuelle.

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Lorsque l’on évoque l’œuvre de Pierre Guariche, deux de ses créations viennent immédiatement à l’esprit : la fameuse chaise « Amsterdam » dîte « tonneau » en contreplaqué moulé (en passe de devenir une icône) et l’élégant lampadaire « cerf-volant ». Figure déterminante de la création française d’après-guerre, Guariche a inscrit sa démarche et ses réalisations dans un vocabulaire en parfaite adéquation avec les besoins de son époque.
L’immédiat après guerre marque en France un moment charnière : entre 1945 et 60 viennent se cristalliser de nouveaux modes de vie, une aspiration au pratique et au moderne qui existait « en germe » dès les années 1920, mais ne concernait alors qu’une petite poignée d’amateurs et de privilégiés. La reconstruction, indispensable, au lendemain du cataclysme mondial, met au premier plan les besoins de classes modestes qui doivent se loger dans des appartements souvent plus exigus, et se meubler en conséquence. Alors que Prouvé, Perriand ou Le Corbusier pensent avant tout des projets qui concernent des collectivités (bureaux, écoles, cités universitaires), une nouvelle génération de créateurs dans cette même optique fonctionnaliste, relève le défi qui consiste à concevoir un mobilier qualitatif, fabriqué en série par des procédés industriels. Parmi eux, Pierre Guariche (1926-1995) s’affirme comme l’un des plus pertinents. Fils d’orfèvres parisiens, Guariche fait ses études à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs et en ressort diplômé en 1949. Il entre dans l’atelier de Marcel Gascoin (l’un de ses anciens professeurs), commence à exposer ses propres créations au Salon des Arts Ménagers et au Salon des Artistes Décorateurs, éditant ses premiers modèles. Très vite il attire l’attention des éditeurs : d’abord celle de la galerie MAI qui retient quelques-uns de ses meubles, puis celle de la toute nouvelle société Airborne fondée en 1951. Son premier projet pour Airborne est pour le moins ambitieux : Guariche propose un programme complet d’habitation intitulé « Prefacto ». À partir d’un tube métallique associé à du bois, il conçoit un mobilier adapté aux différentes pièces d’un logement : Prefacto comprend des tables, des chaises, mais surtout un système aussi simple qu’efficace d’éléments emboîtables avec lesquels on peut réaliser aussi bien un bahut qu’un mur de rangement… C’est également pour Airborne que Guariche crée des sièges, des chauffeuses et des canapés dont le succès se prolongera longtemps après leur date de création. En 1951, il entame sa collaboration avec un autre grand éditeur : Steiner. C’est pour ce dernier qu’il imagine la chaise dite « tonneau » d’abord dans une version en plastique et aluminium (1953), puis en contreplaqué plié (1954), une innovation dans l’histoire du siège français. Cette chaise, facile à fabriquer et peu coûteuse, rencontre un immense succès. Parallèlement, Pierre Guariche dessine de nombreux modèles pour l’éditeur de luminaire Pierre Disderot : lampadaires, suspensions, lampes à poser, dont on peut dire aujourd’hui qu’ils comptent parmi les plus beaux luminaires de son temps.pierre-guariche-lampadaire

En 1954, Guariche est installé depuis deux ans. La demande est telle qu’il sollicite Michel Mortier et Joseph André Motte, jadis rencontrés dans l’atelier de Gascoin, et leur propose de s’associer. Tous trois vont alors donner naissance à ARP (l’Atelier de Recherche Plastique), cette association particulièrement fructueuse durera environ trois ans durant lesquels ARP concevra notamment tout un ensemble de meubles (salle de séjour, chambre de parents, chambre d’enfants) pour l’éditeur Charles Minvielle primés au concours du Centre Technique du Bois. Pour ce même éditeur Guariche réalise aussi toute une gamme de mobilier de bureau, puis en 1957 prend la direction artistique de l’usine belge d’ameublement Meurop. Créer « du beau » et le produire en série pour le plus grand nombre, tel est l’objectif qui nourrit la réflexion et la démarche de Pierre Guariche. C’est également sa réussite… D’emblée, il considère l’aménagement dans une globalité et parvient à structurer harmonieusement l’espace en manipulant parfaitement volumes, couleurs et matières avec l’œil d’un architecte. C’est d’ailleurs vers l’architecture d’intérieur que son travail se tourne au cours des années 60. Locaux administratifs, bureaux, magasins, Guariche est également sollicité pour l’aménagement de la station de sports d’hiver de la Plagne et l’aménagement intérieur de l’hôpital de Firminy. Il devient architecte conseil de la Caisse des dépôts et Consignations, de la Sonacotra et de l’Ogirep. Et à son tour, partage son expérience avec les étudiants de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs à Paris, et de l’Ecole Supérieure d’Architecture de Tournai (Belgique). Un demi-siècle après leur création, les meubles et luminaires de Guariche conservent leur justesse et leur pertinence. Il en émane une certaine « fraîcheur », celle sans doute d’une époque enthousiaste où tout était à réinventer.

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